Souvenirs et naissance d’une passion…

6 octobre 2013

Billet d'humeur

Cette année là en 1979, je venais d’obtenir mon bac et je m’apprêtais à rentrer à la fac de sciences sociales de Toulouse. Nous étions en septembre et j’avais accompagné ma mère  pour un séjour de trois jours à Paris, c’était ma première visite dans la capitale, il faisait comme souvent en septembre un temps agréable et doux. Un de ses amis d’enfance nous avait accueilli et chance ultime il était chauffeur de  taxi et j’allais connaître Panam de la plus belle et la plus privilégiée des manières, dans une grosse berline confortable, en utilisant les voies réservées et alors qu’ Hubert , c’était son nom, avait pris soin de cacher le compteur  de son véhicule. Pendant deux jours j’ ai profité des merveilles de la capitale tel un VIP, passant devant les monuments et ouvrages les plus célèbres .  L’Opéra Garnier, La Bourse, L’Hôtel de ville, L’Assemblée Nationale, Le Panthéon, Les Invalides, j’en passe évidemment  et puis la Tour Eiffel et la place du Trocadéro avec le visite du Muséum d’histoire Naturelle.. Je me souviens de mon étonnement de découvrir la tour de la couleur du sable du désert alors que je l’avais ( allez savoir pourquoi) imaginée grise, . Je me souviens de cette douce après-midi à Montmartre passée à flâner entres artistes et camelots… et des marches du Sacré-Coeur.  Je me souviens encore de cette soirée au restaurant  » chez Aaron » et de ce petit hôtel de Montrouge où nous avions passé deux nuits.

Nous devions repartir le jeudi 13 septembre en fin de matinée et après une dernière promenade au Jardin des Plantes, nous avions rejoint la gare d’Austerlitz… Nous apprîmes  sur place avec surprise que suite à un mouvement de grève, notre train ainsi que la plupart des suivants était supprimé, hormis un train corail dont le départ était annoncé à 21h30.

Nous étions dans l’embarras car notre hôte avait certainement prévu de reprendre son activité de taxi après notre départ. Mais il s’empressa de nous rassurer: « Est-ce que cela vous dirait de m’accompagner à Vincennes pour assister à des courses? ». N’ayant pas beaucoup d’autres alternatives nous acceptions volontiers.

Et là quel ne fût pas mon émerveillement… Je découvrais un endroit bigarré, haut en couleur avec une foule  incroyable: « Ils ne travaillent pas les Parisiens? » m’étais-je étonné.. Des drapeaux de nombreuses nations , une fanfare, des majorettes , un spectacle de voltige équestre. Hubert m’expliqua qu’il s’agissait d’une réunion très spéciale; on fêtait le centenaire des courses à Vincennes et une course allait mettre en présence les meilleurs trotteurs du moment , ceux qui quelques mois plus tard disputeraient le fameux Grand Prix d’Amérique.

Auparavant on  assisterait à d’autres courses qui allaient se succéder au rythme d’une toute les 25 minutes. A cette époque il y avait deux tribunes côte à côte à Vincennes et les anciennes écuries dans le dernier virage n’avaient pas encore été rasées. De simples  lampadaires bordaient la petite piste pour les nocturnes, et le dénivelé de la grande piste était plus important qu’aujourd’hui, à tel point que depuis le bas des tribunes, on n’apercevait guère  que la tête des chevaux dans le tournant de Joinville. Il y avait bousculades incroyables entre chaque course aux guichets et des centaines de « rubans gris » tickets perdants jonchaient le sol comme un manteau de confettis. La grande course arriva avec un défilé et la présentation des chevaux… Hadol du Vivier, Fakir du Vivier, Eléazar, Ejakval, Hillion Brillouard, autant de champion qui ont marqués l’histoire des courses de trot.. A l’époque les drivers vedettes s’appelaient Jean et Michel Goujeon, Georges Dreux, Gerard Mascle, Roger Massue, Louis Sauvé, et quelques petits nouveaux comme Jean-Claude et Joël Hallais ou Yves Dreux. C’est Hillion Brillouard sous la casaque de Mr Rivière et avec le tout jeune Philippe Allaire  au sulky qui remportèrent la course devant le champion de Monsieur Henry Levesque,  Hadol du Vivier. J’étais emballé et sous le charme lorsque la clameur de la foule salua les champions au passage du poteau.

Une autre épreuve avait vu les premiers pas  victorieux en course d’un futur autre grand champion Lutin d’Isigny, vainqueur du Prix d’Amérique en 1985,  il battait le favori Ladin d’Anglars à Gilbert Lemière un entraîneur du sud-ouest avec qui je ferais connaissance bien des années plus tard et à qui je raconterais cette anecdote à son grand étonnement.

Lorsque nous quittions l’hippodrome j’avais des étoiles pleins la tête conquis et même  envoûté par le spectacle grandiose auquel j’avais assisté, sur les conseils avisés d’Hubert j’avais découvert le jeu simple et gagné la coquette somme  pour l’époque de 270 francs… Nous avions fait un tour aux floralies du château de Vincennes et je me souviens combien ma mère était enchantée par cet endroit magnifique.

Plus tard dans la soirée, alors que nous prenions place dans le train qui nous ramenait chez nous, je me souviens du sourire de ma mère nous avions partagés des moments inoubliables et j’étais heureux que ce soit avec elle…

Aujourd’hui les trotteurs demeurent une de mes grandes passions malheureusement maman et Hubert ne sont plus là, mais lorsque je me remémore ce séjour , je sais que j’ai certainement vécu pendant ces trois jours et avec eux, le plus beau voyage de ma vie.

 

18 Réponses à “Souvenirs et naissance d’une passion…”

  1. JEUNE DU 21ÈME ► http://jeunedu21eme.over-blog.com/ Dit :

    C’est à mon tour de vous rendre visite, c’est réjouissant et plein d’émotions, bravo ! C’est un temps que je n’ai pas connu mais que l’on m’a raconté ou que j’ai vu en vidéo, on en est loin aujourd’hui et je lis votre texte comme un témoignage qui permet de « passer le flambeau » vers la nouvelle génération, malheureusement peu nombreuse à être intéressée…

    http://jeunedu21eme.over-blog.com/

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  2. Fred Dit :

    Beau billet, une fois encore. Quel sensible ce Pirate, le bandeau sur l’oeil, c’est pour cacher ses émotions lacrymales.

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  3. Eole Dit :

    Magnifique texte plein d’émotions !

    Paris est assurément et sans chauvinisme la plus belle ville au monde ! Quant à Vincennes et ses courses de nuit, pas besoin d’être amateur pour apprécier son atmosphère !!!

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  4. lessims Dit :

    Paris, Paris … quelques jours tous les ans, par petites touches ;-)
    Beau billet

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  5. bustydoll Dit :

    joli billet, je me rappelle également il y a 4 ans être allée avec mon cher et tendre à auteuil, lui adorant les courses d’obstacle…je trouvais ça assez naze dans mon snobisme et puis sur l hippodrome un moment super réitéré toujours avec le même plaisir, les courses chevaux, ce lieu audiardesque etc

    je comprends ton souvenir et tu m’ as rappelé qu’au delà de la grisaille, c’est quand même bath paris

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  6. Nantais Dit :

    Je rentre de paris la, et voila, paris c’est bien quelques jours pas plus, super musee, plein d’activité culturelle. Voila uniquement ce qu’est paris pour moi, un tres bel endroit touristique.

    Quelle horreur de devoir y vivre.

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  7. Nantais Dit :

    Magnifique

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  8. mad_thorgal Dit :

    Nice post!

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  9. brduke Dit :

    Je n’y connais rien, mais des noms comme Fakir du Vivier et Dreux ou Goujeon me rappellent certains paris avec des copains…

    Paris… heureusement les beaux bâtiments sont encore majestueux et des petits quartiers comme Montmartre ont gardé une belle âme ! Des villages dans Paris… Y passer de très courts moments m’enchante.
    TY Pirate ;-)

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  10. Mama Dit :

    Ma ville chérie brille sous ta plume … très joli texte :)

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